Le Palais de Justice à Padoue

Entre 1306 et 1308, fra' Giovanni degli Eremitani transforma les trois grandes salles du premier étage dans une seule salle, créant une nouvelle couverture en forme de carène de navire renversée.
Au cours de la première décennie du XIV siècle à Giotto et ses collaborateurs est confiée la tâche de décorer à fresque les murs de la grande salle ; malheureusement le cycle de fresque fut effacé par un incendie que en 1420 brûla l'archive des Seigneurs de Padoue, les Carraresi.
Les fresques furent rétablies par le peintre de Padoue Nicolò Miretto avec la collaboration de Stefano da Ferrara et d'autres peintres, sur la base des études de Pietro d' Abano, important savant de l'époque.
Le cycle de fresques, composé par 333 secteurs, se déroule sur trois rangs superposés, étant un de rares cycles astrologique médiévaux arrivés jusqu'à nos jours.
La relation étroite entre les peintures et la fonction de cet endroit, permet de comprendre la présence des images d'animaux, parfois d'imagination, qui représentaient les sièges des tribunaux, auxquelles sont liés aussi les allégories de la Justice, du Droit, de la Commune en Seigneurie et les fresques du Jugement de Salomon, ainsi que l'image d'un procès.
Dans le Salone sont conservés la Pierre de la Honte, sur laquelle le débiteur insolvable devait se déshabiller, restant "en culotte" (cette pratique est à l'origine du dicton italien restare in braghe di tela), et s'asseoir trois fois, et le grand cheval en bois, récemment restauré, réalisé par Annibale Capodilista à l'occasion d'une joute et donné ensuite par sa famille à la Ville.
Aujourd'hui la grande salle est l'endroit idéal pour les expositions, les rencontres culturelles, grâce à son rôle central dans la vie publique de Padoue.
Approfondissement :
Le cheval
Le grand cheval en bois conservé dans le Palazzo della Ragione fut réalisé en 1466 par volonté de Annibale Capodilista: il s'agissait d'une de grandes machines - c'est la seule qui reste - réalisées à l'occasion d'une grande fête, qui eut lieu à Padoue entre les places « dei Signori » et « del Capitanio ». Au défilé participèrent non seulement une grande quantité d'habitants de la ville, mais aussi beaucoup de gens qui venaient de l'extérieur assister à cet évènement si important.
Les petits poèmes écrits tout de suite après par Giovanni Giacomo Cane et Lodovico Lazzarello nous racontent une chronique détaillée du grand défilé, et Vasari nous parle de la présence du cheval dans la maison de la famille Capodilista près de S. Daniele en 1568, attribuant sa réalisation à Donatello.
Le gigantesque cheval est resté jusqu'en 1837 dans la Maison de la famille Capodilista, comme nous le rappellent Scardeone et les guides de la ville. En 1837 les Comtes Giorgio et Giordano Emo Capodilista l'ont donné à la municipalité de Padoue à fin que la municipalité le garde et, sous peine de sa restitution à la famille, s'occupe de sa restauration.
Le Cheval n'avait plus sa tête ni sa queue: le graveur de bois Agostino Rinaldi les a refaites sur la base des modèles réalisés par le sculpteur Antonio Gradenigo qui s'était inspiré du cheval du monument équestre de Gattamelata.
A partir de ce moment là, le cheval n'a plus été restauré, sauf de petites interventions isolées et quelques travaux d'entretien.
Les travaux de restauration

La véritable restauration a été précédée par une importante phase de diagnose, terminée en 2003. Les experts ont pris en examens les essences de bois - surtout pour les parties du XVème siècle - qui constituent les différentes parties du cheval. D'autres parties en bois ne font pas partie de la structure originaire, mais ont été ajoutés au cours du XIX siècle.
On a réalisé une précise analyse des dommages, y compris l'observation de la compacité de la matière et des phénomènes d'altération du bois, de la détérioration causé par l'agression des insectes xylophages, des problèmes causés par la présence de clous et d'autres éléments métalliques.
Les analyses de la datation absolue ont confirmé la datation traditionnelle.
Une grande attention a été prêtée à l'analyse de la structure; plus exactement on s'est aperçu que les parties les plus épaisses - les pattes - sont formées par une structure lamellaires et tout le pois repose sur la patte soutenue par la sphère métallique qui pèse 615 Kilos. Sa fonction est de donner de l'équilibre à l'ensemble. Les pattes soutiennent le corps, creux, assez léger, sur lequel s'insèrent d'autres éléments secondaires comme le cou, la tête et la queue. L'examen de l'intérieur, creux et conçu pour être praticable, montre d'importantes analogies structurelles avec la technique de construction navale, pour la présence de nervures et d'un plan horizontal rigide.
Parmi les aspects intéressants qu'on a découvert, des traces d'enduit et de rebouchage qui devaient sans doute couvrir toute la surface du cheval, cachant les fissures entre les tables de bois et imitant ainsi une surface en faux bronze.
Seulement après avoir analysé et observé les données a commencé la véritable phase de restauration. On a installé un échafaudage tout autour de la structure en bois, qui servait aussi de soutien pour ne pas transmettre de contraintes négatives au cours de l'accès du personnel qui réalisait les travaux.
Après un travail préliminaire d'époussetage, la deuxième phase a été la désinfestation. On a construit une enveloppe étanche en plastique, à l'intérieur de laquelle l'atmosphère était contrôlée, avec un pourcentage d'anhydride carbonique ciblé pour éliminer en trois semaines environs tous les insectes xylophages.
Après cette opération, on à réalisé la véritable phase de consolidation et nettoyage à l'intérieur et aussi à l'extérieur du cheval.
On a restauré les parties les plus fragiles, les encollages qui présentaient des traces d'affaissement et on a remplacé les jonctions métalliques plus corrodées qui ne garantissaient plus l'équilibre statique. On a choisi de ne pas éliminer les huiles et les cires oxydés, devenus opaques à cause des altérations et des dépôts de poussière, mais plutôt de leur redonner leur vie. Donc on a étendu des essences minérales pour rendre solubles ces substances, parfois on les a éliminées de façon ciblée, obtenant ainsi un nouvel équilibre chromatique et récupérant la fonction des agents protecteurs.
Dans les parties les plus endommagées par les agents xylophages, on a consolidé le bois, qui se présentait friable surtout dans les point d'ancrage à la structure sous-jacente.
L'analyse structurelle a permis de limiter les interventions statiques aux seuls point critiques pour la stabilité du cheval, par des chevilles et des tenseurs dans les parties où, à cause de l'insuffisance technique originaire de réalisation, il y avait une détérioration mécanique causé par les oscillations générales de la structure.
Les opérations de restaurations ont été terminées à la fin du mois d'octobre 2004. Toutes les études réalisées à l'occasion et les rapports des travaux ont été publiés dans un magazine spécialisé "Progetto Restauro", supplément n. 1 au n. 31 de la Revue Trimestrielle pour la conservation des Biens Culturels, Ed. Il Prato, 2004.
Pour d'autres renseignements :
Palazzo della ragione, entrée de l'escalier "Scala delle Erbe", piazza delle Erbe
Entrée handicapés de via VIII febbraio
tel. +39 049 8205006
Horaire : de mardi à dimanche 09:00 - 19.00 du 1er février au 31 octobre
09.00 - 18.00 su 1er novembre au 31 janvier
Entrée jusqu'à une demie heure avant l'horaire de fermeture.
Fermé : tous les lundis ouvrables, Noël, 26 décembre, jour de l'an, 1er mai.
Tarifs : pleins euro 4.00, réduit euro 2.00, gratuit enfant jusqu'à 6 ans, handicapés.
Direzione Musei Civici, via Porciglia 35
Tél. +39 049 8204513
Fax +39 049 8204566
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